Clermont-Ferrand Dim 5 Avril 2015, Maison de la Culture Romagnat Ven 10 Avril 2015, Eglise Riom Sam 11 Avril 2015 et
Dim 12
Avril 2015 N-D du Marthuret
120
choristes des chorales Le Choeur de Riom
Crescendo de Romagnat
Orchestre symphonique de 20 Musiciens professionnels Michel Pelletier, Chef de Choeur
Gloria(Rv 589)
De quelques années antérieur au Magnificat Rv 610, soit vers 1715, le Gloria en ré majeur RV589 (le plus connu des trois Gloria de VIVALDI, l'un ayant disparu) fut composé lorsque VIVALDI dirigeait les concerts du Seminario Musicale dell’ Ospedale della Pietà, alors qu'ayant été ordonné prêtre et ayant officié seulement quelques années au sein de l'institution, sa santé fragile ne lui permettait plus de célébrer d'offices religieux. Il ne se consacrait donc déjà plus qu'à la composition.
Écrit pour deux voix de soprano et une d'alto, mais souvent assuré à deux voix (soprano et mezzo), il a vraiment été redécouvert au XX° siècle et ré-exécuté pour la première fois à Sienne en 1939. Il n'a cessé depuis lors d'être chanté, et d'enchanter !
Le texte sacré a été traité avec beaucoup de liberté par VIVALDI, mélangeant ou séparant les versets d'origine. En témoignent par exemple le Laudamus te qui forme un tout jusqu'à Glorificamus te, soit douze parties quand le plain-chant en comptait dix-sept Amen inclus, ou encore le Propter magnam gloriam tuam dont le Gratias agimus tibi introductif se trouve séparé...
Là encore, comme il en a coutume dans ses nombreux concertos, VIVALDI ordonne les mouvements par effets et contrastes de tempi et de styles d'écriture, il alterne mouvements homophones / polyphonies / airs accompagnés, et use d'une trompette tour à tour joyeuse ou solennelle. C'est là il est vrai une particularité de l'art dit « baroque », mais VIVALDI y excelle avec une telle évidence !
Généralement, les mélomanes et les choristes aiment particulièrement cette œuvre de contrastes, qui invite à chanter des mélodies prégnantes et inspirantes. Au cri de louange d'entrée du Gloria in excelsis Deo, répond le recueillement du Et in terra pax suivant, empli de modulations admirables et sensibles. Puis vient un Laudamus te à deux voix solistes fluides et aux poétiques arabesques. Le Gratias agimus tibi poursuit, innovant par sa scission entre les six premières mesures (lentes et homophones) et la fugue qui survient à la septième... Oui, VIVALDI sait aussi écrire des fugues, même si elles n'ont pas l'ampleur de celles de Bach ou encore de Mozart !
S'ensuit avec le Domine Deus un lent dialogue entre la soprano et le hautbois. Puis toujours avec cette régulière alternance de mouvements lents et rapides, le Domine Fili unigenite en allegro confié au chœur, suivi d'un tendre Domine Deus, Agnus Dei d'une alto soutenue par le violoncelle et subtilement aidée dans sa prière par des entrées chorales. Le chœur déclame ensuite lentement le Qui tollis peccata mundi, en quasi homophonie, et lance en allegro l'aria d'alto Qui sedes.
Dans une allégresse communicative l’œuvre s'achève par deux mouvements enlevés, d'abord par une réintroduction du thème d'entrée du Gloria sur un Quoniam tu solus sanctus, puis dans une double fugue finale dont certains ont pensé qu'elle avait inspiré J‑S. BACH, celui de l' « Art de la Fugue » (!), pour le Gloria de sa fameuse Messe en Si mineur.